Survivre à Spotify : la réalité des artistes québécois
La musique internationale prend de plus en plus d’ampleur dans la vie des Québécois. Face à cela, comment les chanteuses et chanteurs québécois font-ils pour assurer leur propre survie? Aujourd’hui, la plupart des consommateurs de musique font appel à des sites de streaming comme Spotify. Or, celui-ci n’est pas suffisamment rentable pour la plupart des artistes musicaux. Surtout au Québec, où le marché est très petit.
Amènes-en des festivals!
Un aspect essentiel de la scène musicale au Québec est l’abondante présence de festivals. Ils ont une vaste présence sur les réseaux sociaux et permettent aux artistes de se faire connaître. Ce qui est particulièrement difficile au Québec, ceux-ci le savent et en profitent. Prenons Lou Adriane Cassidy par exemple, une jeune chanteuse dont la carrière bourgeonne et qui a gagné 12 Félix au dernier gala de l’ADISQ. En deux mois, de juin à août, Lou Adriane Cassidy prendra la scène à six festivals différents. Ce qui lui permettra d’aller toucher un public qui n’est pas déjà familier avec sa musique.
La merch et les shows : la stratégie de la proximité
Une autre manière de se faire connaître et de faire vivre les artistes au Québec est la merch. Ce qui différencie les musiciens d’ici des stars internationales, c’est qu’ils peuvent faire des choses à l’échelle humaine. Il est très commun pour les musiciens d’ici de s’entretenir avec leurs fans après leurs shows. Cela permet au public de former des liens de familiarité et de loyauté envers les artistes. Ce qui entraîne même des cult followings et des publics très engagés en ligne. Grâce à cela, les chanteuses et chanteurs québécois ont plus de facilité à garder des liens serrés avec leur public, même si c’est à plus petite échelle.
Angine de Poitrine : le phénomène
En 2026, personne n’a connu un buzz comme le band à l’apparence unique et provocatrice, Angine de Poitrine. Après leur performance pour KEXP, cumulant 15 millions de vues sur YouTube, la popularité du duo a monté en flèche. Les artistes originaires du Saguenay vendent maintenant des disques à travers le monde. Ils figurent même sur la programmation de l’édition 2026 du festival international de jazz de Montréal. Bien que leur anonymat fasse partie de leur succès, ce n’est pas un coup marketing. C’est plutôt une façon de protéger leur identité et de partager leur délire. Malgré leur statut, Angine de Poitrine montre constamment leur côté humain. Tennant à ce que leurs disques soient produits au Québec à plus petite échelle. Bien qu’ils pourraient faire beaucoup plus d’argent en changeant de fabricant. Comment est-ce qu’un band qui confronte les normes connaît un aussi grand succès du jour au lendemain? Comme Jimmy Hunt le répète si bien dans la chanson Être un artiste : « Être un artiste, ce n’est pas facile, faut le bon concept au bon moment. »

La scène québécoise, un modèle à part
Quand ça vient à la musique, le Québec reste fidèle à lui-même. Dans un monde de budgets imposants dirigé par l’argent et les clics, la culture québécoise montre que l’authenticité et la proximité peuvent être représentatives d’un succès distinct. Bien que le marché mondial soit dominé par Spotify et le streaming, l’outil le plus crucial au Québec reste la connexion humaine.