
Lorsqu’on pratique un métier, il est assez rare qu’on change de secteur de travail en un même emploi : un médecin ne va pas pouvoir travailler hors du domaine de la santé du jour au lendemain ! C’est en ça que le journalisme, entre autres, diffère de plusieurs autres métiers : il est autant possible de couvrir des événements politiques que des grandes découvertes scientifiques ou de tout nouveaux films dans la même semaine au travers de plusieurs articles. L’une des facettes du journalisme, généralement moins connue ou appréciée, est celle de la critique culturelle.
Entre les diverses chroniques sur l’art et les critiques de livres, la culture québécoise se retrouve couverte dans de nombreux espaces journalistiques. Mais qu’en est-il du journalisme culturel ? Qu’est-ce qui les différencie des reportages plus typiques ? Et qu’est-ce que tout cela va donner dans le futur ? Le but de cet article est de remettre en valeur cette pratique très importante, qui devient malheureusement de plus en plus délaissée dans la presse avec le temps.
En quoi consiste le journalisme culturel ?
Le journalisme culturel se différencie de son équivalent traditionnel par la manière de couvrir son sujet. Contrairement aux reportages typiques où la neutralité est primordiale, les articles sur les films, la musique, les séries, les arts, etc. montrent naturellement une certaine subjectivité. Le spécialiste de la culture doit premièrement mettre en avant des faits sur l’œuvre qu’il analyse et par la suite l’analyser, l’interpréter et finalement donner son opinion sur la création. Même si la base de la critique est objective, le chroniqueur culturel doit tout de même donner son analyse selon ce qu’il croit pertinent, et cela peut changer énormément d’une personne à l’autre.
Par exemple, le journaliste peut commencer par raconter brièvement l’histoire d’un livre ou décrire la composition et la gestion de la lumière d’un film pour ensuite donner son interprétation de la même histoire et mettre plus l’accent sur le travail exceptionnel des acteurs. Un autre chroniqueur culturel pourrait tout autant être plus sévère avec les mêmes œuvres et avoir un point de vue complètement différent, et tant que les deux suivent la même base d’analyse objective, ils auraient tous les deux raison !
L’état actuel des critiques culturelles au Québec
Alors que fut un temps les médias accordaient une grande importance au journalisme culturel, avec des spécialistes de la musique, de la danse, des arts visuels, du cinéma et de la littérature présents un peu partout dans les sociétés médiatiques, des chroniques télévisées très prisées comme La Bande des Six entre 1989 et 1992 et plusieurs articles par jour dans les journaux portant sur les dernières œuvres québécoises, on se retrouve maintenant dans une ère où les Québécois s’informent surtout via internet et les réseaux sociaux. Cela a évidemment affecté le journalisme de manière générale, mais le milieu des arts et du divertissement en a souffert encore plus. Leur importance était considérée moindre comparée aux autres secteurs journalistiques, et les chroniqueurs culturels sont maintenant beaucoup moins nombreux qu’avant.
