Malgré une connexion constante les uns aux autres grâce aux réseaux sociaux comme TikTok, Instagram ou Facebook, la Gen Z est une génération chez laquelle la solitude est plus importante que chez les autres. Selon une étude Ipsos réalisée pour l’application de rencontres Hinge, 62% des jeunes de la Gen Z disent se sentir seuls (Bouchoul, 2026).
Les humains, des êtres foncièrement sociaux, ont pourtant toute la communication dont ils peuvent rêver sur les réseaux sociaux. Pourtant, il semblerait que l’outil même censé les connecter les déconnecte les uns des autres. Une étude menée sur 538 étudiants a démontré qu’un usage excessif des réseaux sociaux augmente le sentiment de solitude. Toutefois, cette étude montre également le caractère bidirectionnel de cette relation de causalité, car la solitude encourage d’autant plus les étudiants à utiliser les réseaux sociaux (Wu et al., 2024).
Ainsi, que manque-t-il à la communication sur ces plateformes dont les humains ont tant besoin ?

La communication et la socialisation chez les humains
La communication dont les humains ont besoin ne se résument pas à quelques mots, écrits ou parlés, à travers un écran à peine plus grand que la paume de la main. En effet, 70% de la communication est non verbale (Barlow, 2024) et elle engage généralement au moins quatre des cinq sens.
La vue permet de lire les expressions du visage de son locuteur, ses regards, sa posture ou sa gestuelle. L’ouïe permet, d’une part d’entendre ses mots, d’autre part de percevoir l’inflexion de sa voix, son ton et son volume. Le toucher permet de tisser des liens sociaux par les contacts physiques comme une poignée de main, une tape sur l’épaule ou encore une étreinte. L’odorat, souvent oublié, joue pourtant un rôle crucial dans les interactions : il influence la perception inconsciente de l’autre grâce aux odeurs corporelles et aux phéromones.
C’est la somme de ces quatre sens qui fait de la communication ce qu’elle est.
La communication sur les réseaux sociaux
Il n’est pas surprenant que les médias sociaux ne puissent pas subvenir aux besoins sociaux des humains et que la Gen Z ressentent cet isolement. Sur les quatre sens cités précédemment, au moins deux d’entre eux ne peuvent pas être répliqués par un écran. La vue et l’ouïe sont les deux seuls à être engagés et là encore, pas toujours à leur plein potentiel. Lire un message engage bien notre vue, mais ce ne sont que des mots; il n’y a pas d’expressions du visage à lire, de regards, de posture ou de gestuelle.
Ainsi, les réseaux sociaux donnent seulement l’illusion de socialiser à la Gen Z, mais, inconsciemment, corps et esprit reconnaissent l’absence de présence.
Les médias sociaux nous permettent de communiquer avec plus de personnes que jamais auparavant, mais ce que nous gagnons en quantité, nous le perdons en qualité.
Sources :
Barlow, J. (2024, 2 novembre). Le non-verbal à l’ère numérique. Gestion. https://www.revuegestion.ca/le-non-verbal-a-lere-numerique
Bouchoul, S. (2026, 22 mai). Entourés et pourtant si seuls : 62 % des jeunes de la Gen Z déclarent ressentir de la solitude, les explications d’une sociologue. TF1. https://www.tf1info.fr/societe/entoures-et-pourtant-si-seuls-62-des-jeunes-de-la-gen-z-declarent-ressentir-de-la-solitude-les-explications-d-une-sociologue-2443038.html
Wu, P., Feng, R. & Zhang, J. (2024). The relationship between loneliness and problematic social media usage in Chinese university students: a longitudinal study. BMC Psychol 12, 13. https://doi.org/10.1186/s40359-023-01498-4