
L’impact environnemental des émissions de gaz à effet de serre qu’importe l’intelligence artificielle est souvent discuté, mais on aborde rarement la surconsommation d’eau qu’elle implique.
Pourquoi l’intelligence artificielle a-t-elle besoin d’eau ?
Le gouvernement du Québec estime qu’envoyer une demande à une IA générative requiert 30 fois plus d’énergie qu’une recherche sur un moteur de recherche classique. Effectivement, une réponse d’une centaine de mots de la part d’une intelligence artificielle générative produit une quantité phénoménale de chaleur, due à sa forte demande d’énergie. Dans l’article Intelligence artificielle : son impact environnemental, l’énergie du robot ChatGPT est présentée sous une comparaison intéressante : l’énergie qu’il produit permettrait de charger huit téléphones cellulaires par jour ! Aussi, générer une seule image demande 60 fois plus d’énergie que la conception d’un texte. Pour aider à maintenir la température et pour réduire la consommation d’énergie des systèmes informatiques, on a recours à l’eau pour refroidir les centres de données. La technique de refroidissement la plus fréquemment utilisée est des tours de refroidissement évaporatives, où l’eau s’évapore avec la chaleur, puis est rejetée dans l’air. Cette technique demande de l’eau potable, puisqu’elle engendre moins de coûts et d’efforts pour l’entretien des machines. Une fois l’eau évaporée, elle n’est plus récupérable puisqu’elle sort en vapeur. Google dit avoir utilisé plus de 24 milliards de litres d’eau en 2023 pour refroidir ses centres de données. Alors que l’utilisation de cet outil numérique augmente, ces chiffres ne feront que grossir et les effets néfastes sur l’environnement accroîtront.
Les impacts environnementaux
La consommation importante d’eau des intelligences artificielles génératives a des effets négatifs sur plusieurs secteurs, ce qui engendre de la pollution. Il y a du gaspillage majeur d’eau potable : en 2021, la consommation d’eau quotidienne moyenne était de 401 litres par personne. Aujourd’hui, une petite base de données d’un mégawatt peut utiliser jusqu’à 26 millions de litres d’eau par année. Selon Goldman Sachs, si la tendance perdure, la consommation d’énergie mondiale augmentera de 160 % d’ici 2030.
Bien que l’eau soit une ressource renouvelable, l’accès à l’eau est assez limité pour certaines régions du monde dû au réchauffement climatique. De ce fait, encore 30 % de l’eau utilisée provient de secteurs où la pénurie d’eau est actuelle.
Plus les versions de ChatGPT se développent, plus elles consomment d’eau. Au départ, l’OpenAi entraînait le correspondant à l’énergie consommée par 120 foyers, alors que depuis la sortie de sa nouvelle version, elle aurait augmenté drastiquement à l’équivalent de 5000 foyers.
Les solutions pour remédier à la situation
Depuis 2022, les centres de données se situent dans des régions chaudes et sèches telles que l’Arizona. Il serait plus avantageux de construire ces bases dans des zones froides comme le nord du Canada ou l’Islande pour réduire le besoin de refroidissement. D’ailleurs, l’UNESCO a depuis peu mis en place des normes mondiales par rapport à l’IA et à sa durabilité. L’Union européenne a suivi le mouvement et se permet de sanctionner et de transmettre des amendes pour soutenir le bien-être de notre environnement.
De nouvelles applications d’intelligence artificielle générative moins énergivores ont récemment été mises en marché : DeepSeek et Ecosia. Ces applications sont produites pour utiliser moins de ressources et pour produire plus d’énergie renouvelable que nécessaire. En résumé, l’impact environnemental des applications d’intelligence artificielle devient un enjeu majeur pour la planète qui subit de grands changements climatiques. Les besoins grandissants en eau potable pour refroidir les centres de données utilisés lorsque ces applications sont utilisées seront assurément au cœur des préoccupations des différentes sociétés. À titre d’utilisateurs, nous pouvons aussi choisir de les utiliser intelligemment afin de réduire l’impact environnemental de celles-ci.